L'isthme de Panama n'a pas été "découvert" par les Espagnols. Bien avant l'arrivée de ceux-ci, des tribus amérindiennes habitaient la zone depuis des milliers d'années.

La période coloniale

De ces Amérindiens, nous savons qu'ils étaient chasseurs et pêcheurs, qu'ils pratiquaient l'agriculture sur les fertiles terres volcaniques bordant les deux océans, mais également qu'ils étaient d'actifs commerçants entretenant des liens étroits avec d'autres Amérindiens vivant en Amérique du Nord, Centrale, du Sud et dans les Caraïbes.

Le premier Européen à apercevoir les côtes panaméennes fut Rodrigo Bastidas en 1501. Un an plus tard, lors de son quatrième voyage Christophe Colomb explora la côte Caraïbe à la recherche de passage vers l'ouest. Bientôt les conquistadors apprendront qu’un vaste océan se trouve non loin au sud, permettant un accès facile aux richesses du Perou…

Bientôt d’énormes quantités d’or, d’argent, d’épices, de tabac et autres denrées précieuses seront expédiées de Lima jusqu’à la ville de Panama, puis transportées à travers les épaisses forêts de l’isthme jusqu’à la côte Caraïbe pour être embarquées à bord de galions à destination de l’Espagne. Bien sûr, le transport de tout cet or ne passa pas inaperçu et attira rapidement l’attention des pirates…en conséquence, l’histoire coloniale de Panama fut marquée par les attaques répétées et brutales des flibustiers en tous genres.

Le plus célèbre d’entre eux, le gallois Henri Morgan prit le fort de San Lorenzo sur la côte Caraïbe en 1671 avant de marcher sur la ville de Panama à travers l’isthme. Panama fut alors incendiée sur ordre du gouverneur espagnol qui espérait ainsi éviter que les richesses de la ville tombent aux mains des pirates.

La ville de Panama fut reconstruite plus à l’ouest, sur le site de ce qui est de nos jours le ‘’Casco Antiguo’’. Le Casco Antiguo, ainsi que les forts de San Lorenzo et Portobelo sont d’émouvants témoins d’un passé épique et constituent des destinations touristiques de premier ordre. En 1821, l’indépendance des colonies espagnoles d’Amérique est proclamée et Panama devient une province de la Colombie.

Le petit isthme sombra alors dans l’oubli jusqu’à ce que la folie de l’or, une nouvelle fois, enflamme Panama.





La ruée vers l'or et la construction du chemin de fer

Suite à la découverte en 1848 d’immenses gisements d’or en Californie, Panama vit arriver les fameux forty-niners, des aventuriers originaires de l’est des Etats Unis et de l’Europe, qui préféraient affronter les dangers de la forêt plutôt que de traverser les Etats Unis d’est en ouest…

Suite à cet afflux humain, la décision de construire le premier chemin de fer transocéanique fut prise. Une société américaine obtint, à cet effet, une concession du gouvernement colombien, et les travaux furent achevés en 1855.

Un grand nombre de Chinois, entre autres, vinrent à Panama pour travailler sur l’immense chantier. Ils constituent de nos jours une minorité importante dans notre pays.




Ferdinand de Lesseps et l'aventure des Français

Quelques années plus tard, de l’autre côté de l’océan atlantique, un autre évènement considérable bouleversait le monde: En 1867, Ferdinand de Lesseps et ses ingénieurs français inauguraient le canal de Suez, permettant aux navires d’aller de l’océan atlantique à l’océan indien sans passer par le sud de l’Afrique.

Après son succès en Egypte, Lesseps se tourna vers l’Amérique pour se lancer tête baissée, tel un conquérant, dans ce qui devait devenir le plus gigantesque chantier de l’histoire de l’humanité: la construction du canal de Panama. Convaincus par le charisme extraordinaire du “grand Français’’, d’enthousiastes investisseurs constituèrent la “Compagnie Universelle du Canal de Panama’’.

Les Français commencèrent à creuser en janvier 1881, mais avec la saison des pluies, trois mois après, les ennuis arrivèrent. L’option technique choisie, la même que pour le canal de Suez, c’est à dire un canal à niveau sans écluses se révéla désastreuse, beaucoup trop ambitieuse pour l’époque.

Malgré tout, Lesseps, inébranlable de confiance, continua son plan original jusqu’en 1886, date à laquelle ses ingénieurs le persuadèrent enfin de se tourner vers le système actuel, c’est à dire un lac artificiel avec des écluses de chaque côté pour permettre aux navires de franchir une partie du relief. Mais les problèmes rencontrés sur le terrain ne furent pas la cause de l’échec des Français. Pas plus que ne le furent les quelques 25.000 morts dues à la malaria, la fièvre jaune et plus généralement à la dysenterie.

L’échec du canal français fut une déconfiture financière. Dès le début, Lesseps sous estima délibérément la longueur et le coût des travaux pour obtenir plus facilement l’argent de ses investisseurs. En 1889, ceux-ci refusèrent de s’engager plus avant dans l’aventure, provoquant la faillite de la Compagnie Universelle. La faillite se produisit au milieu d’un énorme scandale de corruption qui éclaboussa toute la classe politique et journalistique française. Le directeur financier de la Compagnie, Jacques de Reinach, se suicida. Charles de Lesseps, fils de Ferdinand et directeur de la Société fut envoyé en prison. Le vieux Lesseps, un moment également condamné fut finalement amnistié mais mourut peu après, sans pouvoir croire à l’échec de son entreprise. Après la faillite de la Compagnie Universelle, fut créée la "Compagnie Nouvelle" qui continua les travaux sur une petite échelle avant d’être vendue aux Américains en 1903. La même année, Panama obtint son indépendance vis avis de la Colombie et les Etats Unis purent reprendre les travaux en 1904.





Les Etats - Unis et le Canal

En 1914, le vapeur "Ancón" fut le premier à traverser le canal de Panama. L'ouverture officielle du canal mettait un terme à une extraordinaire aventure humaine et technique qui avait duré 34 ans.
En 1977, furent signés les accords Carter-Torrijos aux termes desquels les Etats Unis acceptaient de céder à Panama la souveraineté sur la zone du canal, et le 31 décembre 1999, le petit état centroaméricain devint officiellement propriétaire d’un instrument d’une importance capitale pour le commerce maritime mondial. Plus récemment, le gouvernement panaméen a pris la décision d’augmenter la capacité du canal en construisant de nouvelles écluses permettant le passage de bateaux plus grands.
L'inauguration est prévue pour août 2014, elle devrait permettre à Panama d’engranger de nouveaux bénéfices financiers qui contribueront au développement durable de son économie.